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- Pourquoi les plantes influencent la présence des hérissons
- Les 4 plantes à privilégier pour attirer les hérissons
- 1. Le lierre commun (Hedera helix)
- 2. La bourrache officinale (Borago officinalis)
- 3. La ronce commune (Rubus fruticosus)
- 4. L’ortie dioïque (Urtica dioica)
- Comment aménager votre jardin pour compléter l’effet des plantes
- Un jardin vivant, c’est un jardin qui attire
Le hérisson est l’un des animaux les plus utiles qu’on puisse avoir dans un jardin.
En une seule nuit, il peut avaler des dizaines de limaces, de chenilles et d’insectes nuisibles, rendant de précieux services sans qu’on lui demande quoi que ce soit.
Pourtant, avec la disparition progressive des haies, l’urbanisation galopante et l’usage intensif des pesticides, ses populations ont chuté de façon alarmante en Europe au cours des dernières décennies.
Si vous avez la chance d’en apercevoir un dans votre jardin, vous avez tout intérêt à lui donner envie de rester.
Et pour ça, les plantes que vous cultivez jouent un rôle bien plus important qu’on ne le pense.
Pourquoi les plantes influencent la présence des hérissons
Avant de parler des plantes en elles-mêmes, il faut comprendre la logique derrière tout ça. Le hérisson européen (Erinaceus europaeus) est un animal qui parcourt chaque nuit entre un et trois kilomètres à la recherche de nourriture. Il cherche des zones denses en proies, c’est-à-dire des endroits où les insectes, les vers de terre et les mollusques sont abondants. Il cherche aussi des refuges pour se cacher le jour, hiberner en hiver et mettre bas au printemps.
Les plantes interviennent à plusieurs niveaux dans cette équation. Certaines attirent les insectes dont le hérisson se nourrit. D’autres créent des zones d’ombre et d’humidité favorables aux vers de terre et aux limaces. D’autres encore offrent des abris naturels sous leurs feuillages ou dans leurs racines enchevêtrées. Un jardin bien pensé sur le plan végétal devient rapidement un territoire de chasse idéal pour ce petit mammifère nocturne.
Les 4 plantes à privilégier pour attirer les hérissons
1. Le lierre commun (Hedera helix)
Le lierre commun est probablement la plante la plus efficace pour attirer les hérissons dans un jardin. Souvent mal aimé parce qu’on le considère envahissant ou néfaste pour les arbres, il est en réalité une ressource écologique exceptionnelle que peu de plantes peuvent égaler.
Voici ce que le lierre apporte concrètement au hérisson :
- Un abri dense et isolant : ses tiges enchevêtrées au sol forment un couvert épais dans lequel le hérisson peut s’installer pour dormir, se cacher des prédateurs ou même hiverner. La litière de feuilles mortes qui s’accumule naturellement sous le lierre est particulièrement prisée.
- Une source d’insectes toute l’année : le lierre héberge une quantité impressionnante d’invertébrés. Ses fleurs, qui s’épanouissent tardivement en automne, attirent de nombreux insectes pollinisateurs. Ses baies nourrissent des oiseaux qui, à leur tour, laissent tomber des déjections riches en invertébrés.
- Un sol humide en dessous : l’ombre portée par le feuillage du lierre maintient l’humidité du sol, ce qui favorise la présence de vers de terre, une proie de choix pour le hérisson.
Si vous avez un vieux mur, une clôture ou un coin de jardin un peu délaissé, laisser le lierre s’y développer librement est l’une des meilleures décisions que vous puissiez prendre pour la faune locale. Vous n’avez quasiment rien à faire, et les bénéfices sont immédiats.
2. La bourrache officinale (Borago officinalis)
La bourrache officinale est une plante annuelle qu’on cultive souvent pour ses jolies fleurs bleues comestibles ou pour ses vertus en cuisine. Mais son intérêt pour attirer les hérissons est rarement mentionné, et c’est bien dommage.
La bourrache est une plante extraordinairement attractive pour les insectes, notamment les bourdons, les abeilles et de nombreux coléoptères. Elle peut fleurir du printemps jusqu’aux premières gelées, offrant ainsi une source continue d’insectes dans votre jardin. Or, plus il y a d’insectes, plus le hérisson a de raisons de passer par chez vous.
Ce qui rend la bourrache encore plus intéressante, c’est sa capacité à se ressemer spontanément d’une année sur l’autre. Vous la plantez une fois, et elle revient toute seule. Ses grandes feuilles rugueuses et légèrement tombantes créent par ailleurs des micro-zones d’ombre au sol qui maintiennent l’humidité, un environnement que les limaces et les vers de terre apprécient particulièrement. Et qui dit limaces, dit hérisson qui rôde.
Elle pousse dans presque tous les types de sol, supporte la sécheresse et ne demande aucun entretien particulier. C’est une plante facile, généreuse et utile à plus d’un titre.
3. La ronce commune (Rubus fruticosus)
La ronce commune, ou mûrier sauvage, a très mauvaise réputation dans les jardins. Elle pique, elle envahit, elle est difficile à arracher. Tout ça est vrai. Mais si vous pouvez vous permettre d’en laisser un coin s’installer dans un angle de votre terrain, vous offrirez au hérisson l’un de ses habitats préférés.
Dans la nature, les zones de ronces constituent des refuges de premier ordre pour le hérisson. L’enchevêtrement dense et épineux des tiges forme une barrière naturelle contre les renards et les blaireaux, ses principaux prédateurs. C’est dans ce type de végétation que les femelles mettent bas et élèvent leurs petits, généralement entre mai et juillet.
Les ronces présentent aussi d’autres avantages :
- Leurs fleurs blanches attirent une grande variété d’insectes pollinisateurs au printemps et en été.
- Leurs fruits, les mûres, attirent oiseaux et petits mammifères, ce qui anime l’écosystème de votre jardin.
- Les feuilles mortes qui s’accumulent à leur base forment un tapis épais idéal pour l’hibernation du hérisson entre octobre et avril.
Si l’idée d’une ronce libre vous fait peur, vous pouvez opter pour une variété de mûrier cultivé sans épines, qui offre des avantages similaires en termes d’habitat tout en étant plus facile à gérer. Mais avouons-le, la ronce sauvage reste la plus efficace.
4. L’ortie dioïque (Urtica dioica)
L’ortie est sans doute la plante la plus mal aimée des jardins. Et pourtant, peu de végétaux peuvent rivaliser avec elle en termes de richesse écologique. Pour le hérisson, un coin d’orties dans un jardin, c’est un peu comme un restaurant étoilé ouvert toute la nuit.
L’ortie dioïque est l’une des plantes qui hébergent le plus grand nombre d’espèces d’insectes en Europe. On y trouve des pucerons, des coccinelles, des chenilles de papillons comme le paon du jour ou la petite tortue, des punaises, des coléoptères et bien d’autres invertébrés. Cette concentration d’insectes en fait un garde-manger naturel pour le hérisson, qui peut y passer plusieurs heures à chasser chaque nuit.
Le sol autour des orties est généralement riche et humide, ce qui favorise la présence de vers de terre. Ces derniers représentent une part non négligeable du régime alimentaire du hérisson, surtout au printemps lorsque les insectes sont encore peu nombreux.
Quelques mètres carrés d’orties dans un coin reculé du jardin suffisent. Pas besoin d’en faire une forêt. Vous pouvez même les contenir facilement avec une bêche en coupant régulièrement les rhizomes sur les bords. En échange, vous aurez un espace de biodiversité remarquable, et les hérissons de votre quartier ne tarderont pas à le repérer.
Comment aménager votre jardin pour compléter l’effet des plantes
Les plantes seules ne suffisent pas toujours. Pour maximiser les chances d’accueillir un hérisson, quelques aménagements simples peuvent faire la différence.
- Laissez un passage dans vos clôtures : un trou de 13 cm de diamètre suffit pour qu’un hérisson puisse entrer et sortir librement. C’est l’une des premières choses à faire.
- Évitez les pesticides et les molluscicides : les granulés anti-limaces à base de métaldéhyde sont mortels pour les hérissons. Préférez des alternatives comme la bière en piège ou les granulés à base de phosphate de fer.
- Laissez des tas de feuilles mortes : en automne, résistez à l’envie de tout ramasser. Un tas de feuilles dans un coin est un abri d’hibernation potentiel.
- Ne tondez pas la nuit : les hérissons sont actifs à la tombée de la nuit. Les tondeuses robotisées nocturnes représentent un danger réel pour eux.
- Proposez de l’eau fraîche : une soucoupe peu profonde remplie d’eau propre peut être très utile, surtout en été lors des périodes de sécheresse.
Un jardin vivant, c’est un jardin qui attire
Ce que ces quatre plantes ont en commun, c’est qu’elles participent toutes à créer un jardin vivant, imparfait au sens esthétique du terme, mais riche en biodiversité. Le lierre qui grimpe, la bourrache qui se ressème, la ronce qui s’étale et l’ortie qui pique : aucune de ces plantes ne correspond à l’idée qu’on se fait d’un jardin bien tenu. Et c’est précisément pour ça qu’elles fonctionnent.
Le hérisson ne cherche pas un jardin propre et ordonné. Il cherche un jardin où il peut manger, se cacher et dormir en sécurité. En acceptant un peu de désordre végétal, en laissant la nature reprendre quelques droits sur votre terrain, vous lui offrez exactement ce dont il a besoin. Et en retour, il s’occupera de vos limaces bien mieux que n’importe quel produit chimique.
