Glycine : l’astuce secrète des jardiniers pour une floraison spectaculaire

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La glycine est l’une de ces plantes qui font tourner les têtes au printemps.

Ses longues grappes de fleurs mauves, blanches ou roses qui tombent en cascade sur une façade ou une pergola, ça reste un spectacle difficile à égaler dans un jardin.

Pourtant, nombreux sont les jardiniers qui se retrouvent avec une glycine vigoureuse, pleine de feuilles, mais qui refuse obstinément de fleurir.

Ou alors qui fleurit une année sur deux, chichement, sans jamais atteindre ce débordement de couleurs qu’on lui envie chez le voisin.

Il y a une raison à cela, et surtout, il y a une astuce que les jardiniers expérimentés connaissent bien et qui change tout.

Comprendre la glycine avant de vouloir la maîtriser

La glycine, ou Wisteria, est une liane ligneuse qui peut vivre plusieurs dizaines d’années et atteindre des dimensions impressionnantes. Les espèces les plus cultivées en France sont la Wisteria sinensis, originaire de Chine, et la Wisteria floribunda, originaire du Japon. La première enroule ses tiges dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, la seconde dans le sens des aiguilles d’une montre. Un détail botanique qui n’a l’air de rien, mais qui permet de les identifier facilement.

Ce qu’il faut savoir sur cette plante, c’est qu’elle est naturellement portée vers la croissance végétative. Autrement dit, si on la laisse faire, elle va produire des tiges, des feuilles, encore des tiges, encore des feuilles, et consacrer toute son énergie à conquérir le maximum d’espace. La floraison, elle, passe au second plan. C’est exactement là que le jardinier doit intervenir, et c’est là que réside toute la clé d’une glycine magnifique.

La taille : l’astuce incontournable pour forcer la floraison

Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose pour avoir une glycine en pleine floraison, c’est celle-ci : la glycine se taille deux fois par an, pas une. C’est cette double taille, pratiquée aux bonnes périodes, qui fait toute la différence entre une glycine décevante et une glycine qui coupe le souffle.

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La première taille : en août, après la floraison

La première intervention a lieu en été, généralement en juillet ou août, une fois que la floraison est terminée. À ce moment-là, la glycine a produit de longs rameaux souples, parfois d’un mètre ou plus, qui partent dans tous les sens. C’est ce qu’on appelle les pousses de l’année. L’objectif est de les raccourcir sévèrement en ne laissant que cinq à six feuilles sur chaque rameau.

Cette taille estivale a un double intérêt. Elle permet d’abord de contenir la plante dans l’espace qu’on lui a attribué, ce qui est loin d’être négligeable quand on sait à quelle vitesse une glycine peut envahir une gouttière ou se glisser sous les tuiles. Mais surtout, elle oblige la plante à concentrer sa sève sur les rameaux restants, favorisant ainsi la formation des boutons floraux qui s’épanouiront au printemps suivant.

La deuxième taille : en février, avant le réveil de la végétation

La deuxième taille se pratique en hiver, idéalement en février, quand la plante est encore en dormance. On reprend les mêmes rameaux qu’on avait raccourcis en été, et on les taille encore plus court, en ne laissant cette fois que deux ou trois yeux, c’est-à-dire deux ou trois bourgeons.

C’est cette taille hivernale qui est véritablement décisive. En réduisant les rameaux à quelques bourgeons seulement, on force la plante à transformer ces bourgeons en boutons floraux plutôt qu’en simples pousses végétatives. Le résultat au printemps est souvent spectaculaire : les grappes de fleurs se multiplient et la floraison gagne en densité d’année en année.

Les autres facteurs qui influencent la floraison de la glycine

La taille est l’astuce principale, mais elle ne fait pas tout. D’autres paramètres entrent en jeu et méritent qu’on s’y attarde, surtout si malgré une taille bien réalisée, la glycine reste avare en fleurs.

L’exposition au soleil

La glycine a besoin de soleil pour fleurir abondamment. Une exposition plein sud ou sud-ouest est idéale. Une plante installée dans un endroit trop ombragé va végéter et produire peu ou pas de fleurs, quelle que soit la qualité de la taille. Si votre glycine est mal placée et que vous avez la possibilité de la déplacer, c’est une option à envisager sérieusement, même si l’opération n’est pas anodine pour une plante déjà bien établie.

La nature du sol et la fertilisation

La glycine n’est pas très exigeante sur la nature du sol, mais elle préfère un terrain bien drainé. Un sol qui retient trop l’eau en hiver peut fragiliser la plante et nuire à sa floraison. Par ailleurs, attention à ne pas trop fertiliser avec des engrais riches en azote. L’azote favorise la croissance des feuilles au détriment des fleurs. Si vous souhaitez apporter un engrais, optez plutôt pour un engrais riche en phosphore et en potassium, qui favorisent la floraison et la fructification.

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L’âge de la plante

C’est un point que les jardiniers impatients ont parfois du mal à accepter : une glycine issue de semis peut mettre dix à quinze ans avant de fleurir pour la première fois. C’est une des raisons pour lesquelles il est toujours préférable d’acheter une glycine greffée ou issue de bouturage, qui elle peut fleurir dès la deuxième ou troisième année après la plantation. Si vous avez une jeune glycine qui ne fleurit pas encore, vérifiez d’abord son origine avant de vous inquiéter.

Une astuce supplémentaire : stresser la plante pour la faire fleurir

Les jardiniers les plus aguerris ont dans leur besace une technique un peu radicale mais souvent efficace pour débloquer une glycine récalcitrante : stresser ses racines. L’idée est simple : en perturbant le système racinaire, on envoie un signal à la plante qui va alors chercher à se reproduire, donc à fleurir.

La méthode la plus couramment utilisée consiste à enfoncer une bêche verticalement dans le sol tout autour de la plante, à environ cinquante centimètres du pied, pour sectionner une partie des racines. Cette opération se pratique à l’automne. Elle peut sembler brutale, mais la glycine est une plante robuste qui supporte bien ce type d’intervention. Beaucoup de jardiniers qui avaient une glycine muette depuis des années ont vu apparaître les premières grappes de fleurs dès le printemps suivant cette opération.

Une autre variante consiste à ceinturer le tronc avec un fil de fer souple en début de saison, de manière à ralentir la circulation de la sève. Là encore, l’objectif est de créer un léger stress qui pousse la plante à fleurir. Attention toutefois à retirer le fil avant qu’il ne s’incruste dans l’écorce.

Entretien courant : les gestes à adopter toute l’année

Au-delà des deux tailles annuelles, quelques gestes simples permettent de garder une glycine en bonne santé et de maximiser ses chances de floraison.

  • Arroser régulièrement pendant les deux premières années après la plantation, le temps que la plante s’établisse. Une fois bien installée, la glycine est relativement résistante à la sécheresse.
  • Palissez les nouvelles tiges au fur et à mesure de leur croissance pour guider la plante dans la direction souhaitée et éviter qu’elle ne parte dans tous les sens.
  • Surveillez les parasites, notamment les pucerons qui apprécient les jeunes pousses de glycine au printemps. Un traitement préventif à base de savon noir peut suffire à les tenir à distance.
  • Retirez les cosses après la floraison. Les glycines produisent des gousses veloutées qui ne sont pas inesthétiques, mais les laisser en place mobilise une partie de l’énergie de la plante.
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Choisir la bonne variété pour un résultat garanti

Toutes les glycines ne se valent pas en termes de vigueur de floraison. Certaines variétés sont réputées pour leur générosité et leur fiabilité.

VariétéCouleur des fleursParticularité
Wisteria sinensis ‘Prolific’Bleu-mauveFloraison très abondante, refleurit souvent en été
Wisteria floribunda ‘Macrobotrys’Violet roséGrappes pouvant atteindre 1,20 m de long
Wisteria sinensis ‘Alba’Blanc purTrès parfumée, élégante sur façade claire
Wisteria floribunda ‘Rosea’Rose pâleFloraison délicate, idéale pour pergola

Le choix de la variété dépend bien sûr de vos goûts et de l’espace disponible, mais aussi du résultat que vous recherchez. Pour une première glycine, la Wisteria sinensis ‘Prolific’ est souvent recommandée pour sa facilité et sa générosité naturelle.

Ce qu’il faut absolument éviter avec une glycine

Autant il y a des gestes qui favorisent la floraison, autant il en existe qui la compromettent. Voici les erreurs les plus fréquentes à ne pas commettre.

  1. Ne tailler qu’une fois par an : c’est la cause numéro un d’une glycine qui ne fleurit pas correctement.
  2. Laisser les rameaux pousser librement sans jamais intervenir : la plante devient alors une masse de verdure sans intérêt ornemental.
  3. Planter à l’ombre : une glycine sans soleil suffisant ne donnera jamais une floraison satisfaisante.
  4. Apporter trop d’engrais azoté : le gazon à proximité d’une glycine, régulièrement traité avec un engrais riche en azote, peut suffire à perturber sa floraison.
  5. Acheter une glycine issue de semis sans le savoir : vérifiez toujours à l’achat qu’il s’agit d’une plante greffée.

Une glycine magnifique, ce n’est pas une question de chance ou de talent particulier. C’est avant tout une question de régularité et de compréhension du comportement naturel de la plante. Deux tailles par an, une bonne exposition, pas d’excès d’engrais, et la patience d’attendre que la plante trouve son rythme : voilà les ingrédients d’une glycine qui, chaque printemps, transforme un jardin ordinaire en quelque chose d’extraordinaire.

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