Voici la taille que de nombreux jardiniers oublient et qui aide vraiment les rosiers à refleurir

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Les rosiers sont là, dans le jardin, ils ont fleuri une première fois au printemps, et maintenant les fleurs fanées s’accrochent aux tiges comme si elles ne voulaient pas partir.

Beaucoup de jardiniers passent devant, remarquent que quelque chose ne va pas, mais ne savent pas exactement quoi faire.

La vérité, c’est qu’il existe une taille précise, pratiquée au bon moment, qui va littéralement relancer la machine et permettre aux rosiers de repartir pour une deuxième, voire une troisième vague de floraison.

Cette taille, on l’appelle la taille en vert ou taille des rosiers après floraison, et elle est étonnamment peu connue du grand public.

Pourtant, les jardiniers qui la pratiquent régulièrement ne pourraient plus s’en passer.

Pourquoi les rosiers ne refleurissent pas sans intervention

Un rosier qui a terminé sa floraison va naturellement chercher à produire des cynorhodons, ces petits fruits rouges qui contiennent les graines. C’est son instinct de survie, sa façon de se reproduire. Dès que le rosier entre dans cette phase de fructification, il détourne une grande partie de son énergie vers la production de ces fruits, au détriment de la floraison. Le résultat est visible : les nouvelles fleurs se font rares, les tiges nouvelles poussent mollement, et le rosier donne l’impression de stagner.

Ce mécanisme est purement biologique. La plante considère qu’elle a accompli sa mission dès lors que la fleur est pollinisée et que le fruit commence à se former. Pour court-circuiter ce processus et forcer le rosier à recommencer un nouveau cycle de floraison, il faut intervenir manuellement en supprimant les fleurs fanées avant qu’elles n’aient le temps de se transformer en fruits.

C’est précisément là que la taille après floraison entre en jeu. Et la plupart des jardiniers, même ceux qui jardinent depuis des années, ne la pratiquent pas correctement, ou pas du tout.

La taille que tout le monde oublie : couper au bon endroit

Enlever une fleur fanée en la cassant à la main ou en coupant juste en dessous de la fleur, c’est ce que font la majorité des gens. C’est mieux que de ne rien faire, mais ce n’est pas suffisant pour vraiment relancer la floraison de façon vigoureuse.

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La taille efficace consiste à descendre beaucoup plus bas sur la tige. Voici la règle à retenir :

  • Il faut couper la tige fleurie juste au-dessus d’une feuille à cinq folioles bien développée.
  • Cette feuille doit être orientée vers l’extérieur du rosier, pour que la nouvelle pousse parte vers l’extérieur et ne croise pas le centre de la plante.
  • La coupe doit être nette, légèrement en biais, à environ un centimètre au-dessus du bourgeon situé à l’aisselle de cette feuille.
  • On descend généralement de deux à trois nœuds en dessous de la fleur fanée, parfois plus selon la vigueur du rosier.

Pourquoi une feuille à cinq folioles ? Parce que c’est à l’aisselle de ces feuilles que se trouvent les bourgeons les plus vigoureux, ceux qui vont donner naissance aux nouvelles tiges florales. Les feuilles à trois folioles, situées plus haut sur la tige, portent des bourgeons moins productifs qui donneront des pousses faibles.

Le bon outil fait toute la différence

Une taille mal réalisée avec un mauvais outil peut faire plus de mal que de bien. La coupe doit être franche, propre, sans écraser la tige. Pour cela, il faut impérativement travailler avec un sécateur bien affûté et désinfecté.

Un sécateur émoussé va écraser les tissus végétaux au lieu de les trancher. Cette blessure mal nette devient une porte d’entrée pour les maladies fongiques, notamment le botrytis et le chancre des rameaux, deux ennemis redoutables des rosiers.

La désinfection entre chaque rosier est importante, surtout si certaines plantes présentent des signes de maladie. Un simple passage de la lame dans de l’alcool à 70° ou dans une solution d’eau de Javel diluée suffit à éviter la contamination croisée.

À quel moment pratiquer cette taille pour de meilleurs résultats

Le timing est aussi important que le geste lui-même. Il ne faut pas attendre que toutes les fleurs du rosier soient fanées pour intervenir. La bonne approche consiste à pratiquer cette taille au fil de l’eau, dès qu’une fleur commence à perdre ses pétales.

Plus on intervient tôt, plus vite le rosier va repartir. En moyenne, après une taille correctement réalisée, il faut compter entre quatre et six semaines avant de voir apparaître les nouvelles fleurs, selon les variétés et les conditions climatiques.

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Pour les rosiers remontants, qui sont capables de fleurir plusieurs fois dans la saison, cette taille peut être pratiquée de la fin du printemps jusqu’au début du mois de septembre dans la plupart des régions françaises. Au-delà, il vaut mieux laisser le rosier entrer progressivement en dormance et ne pas stimuler de nouvelles pousses qui ne résisteraient pas aux premiers froids.

Rosiers grimpants, rosiers buissons : adapter la technique

La technique de base reste la même, mais il existe quelques nuances selon le type de rosier.

Les rosiers buissons remontants

Ce sont les plus simples à gérer. La taille après floraison se pratique exactement comme décrit plus haut, en descendant jusqu’à la première feuille à cinq folioles orientée vers l’extérieur. Sur les variétés très vigoureuses, on peut descendre encore plus bas pour équilibrer la silhouette de la plante.

Les rosiers grimpants remontants

Sur les rosiers grimpants, la situation est un peu différente. Les grandes charpentières ne se taillent pas en cours de saison. En revanche, on peut raccourcir les tiges latérales qui portent les fleurs fanées en les coupant au-dessus de la première ou deuxième feuille à cinq folioles. Cela stimule la production de nouveaux rameaux latéraux florifères sans perturber la structure générale de la plante.

Les rosiers à floraison unique

Attention : les rosiers botaniques et certains rosiers anciens ne fleurissent qu’une seule fois par an. Tailler leurs tiges après floraison ne déclenchera pas de nouvelle vague de fleurs, puisqu’ils n’en sont biologiquement pas capables. Sur ces variétés, on peut simplement supprimer les fleurs fanées pour des raisons esthétiques, mais sans s’attendre à une remontée.

Associer la taille à un apport nutritif pour booster la remontée

La taille seule ne suffit pas toujours à obtenir une deuxième floraison spectaculaire. Pour que le rosier puisse repartir avec vigueur, il a besoin d’énergie, et cette énergie vient en grande partie du sol.

Après chaque taille de remontée, il est conseillé d’apporter :

  • Un engrais riche en potasse et en phosphore, qui favorise la floraison et renforce les racines. Les engrais spéciaux rosiers du commerce sont formulés dans ce sens.
  • Un arrosage régulier et profond, surtout en période estivale. Un rosier qui manque d’eau ne refleurira pas, même si la taille est parfaite.
  • Un paillage au pied pour conserver l’humidité du sol et maintenir une température racinaire stable.
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En revanche, il faut éviter les apports trop importants d’azote en plein été. L’azote favorise la croissance des feuilles au détriment des fleurs, et les pousses tendres et gorgées d’azote sont particulièrement vulnérables aux pucerons et à l’oïdium.

Les erreurs fréquentes qui empêchent la remontée

Même avec la meilleure volonté du monde, certaines habitudes courantes sabotent les efforts du jardinier.

  1. Couper trop court ou trop haut : trop haut, on laisse un chicot inutile qui va mourir et pourrir. Trop court, on risque d’affaiblir la plante. La juste mesure, c’est un centimètre au-dessus d’un bourgeon bien positionné.
  2. Négliger les tiges malades ou mortes : profiter de la taille après floraison pour supprimer aussi les tiges grêles, mortes ou malades est une bonne pratique. Cela aère la plante et réduit les risques de maladies.
  3. Attendre trop longtemps : si on laisse les cynorhodons se former complètement, le rosier aura déjà investi beaucoup d’énergie dans leur développement. La taille sera moins efficace.
  4. Oublier d’arroser après la taille : la taille est un stress pour la plante. Un bon arrosage dans les heures qui suivent l’aide à reprendre rapidement.
  5. Tailler en pleine chaleur : par forte chaleur, les plaies de taille cicatrisent moins bien et les nouvelles pousses peuvent souffrir du soleil intense. Préférer les matins frais ou les fins de journée.

Ce que disent les jardiniers qui pratiquent cette taille depuis des années

Les jardiniers expérimentés qui ont intégré la taille après floraison dans leur routine parlent souvent d’un véritable déclic. Avant, leurs rosiers donnaient une belle floraison de printemps, puis végétaient pendant tout l’été. Après avoir adopté ce geste simple, ils observent une deuxième vague en juillet-août et parfois même une troisième en septembre, selon les variétés et le climat de leur région.

Ce n’est pas une technique miracle. C’est simplement travailler avec la biologie de la plante plutôt que de l’ignorer. Le rosier a tout ce qu’il faut pour refleurir plusieurs fois dans la saison. Il a juste besoin qu’on lui donne le signal au bon moment, au bon endroit, avec le bon outil.

Prendre dix minutes par semaine pour parcourir ses rosiers, sécateur en main, et supprimer les fleurs fanées en descendant jusqu’à la bonne feuille : c’est ce petit geste régulier, discret, presque anodin, qui fait la différence entre un rosier qui déçoit et un rosier qui embaume le jardin de juin jusqu’aux premières gelées.

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